Autour de Bruno Schulz, écrivain des confins
table ronde animée par Antoine Spire, avec Serge Fauchereau (sous réserve), Jerzy Ficowski, Georges Lisowski, Pierre Pachet
Die, 21 septembre 2003
Autour de Bruno Schulz
Quelque part en Pologne, le shtetl de Drogobytch a été immortalisé par l’un de ses modestes professeurs de lycée qui fut l’un des écrivains les plus importants de la Pologne du siècle dernier. Souvent comparé à Kafka dont il avait commencé l’édition polonaise du Procès., sa solitude, son rapport de fascination et de soumission à la femme, ainsi que l’aversion qu’il nourrissait pour son travail alimentaire justifient ce rapprochement.
Bruno Schulz avait fait ses études à Vienne avant que la Galicie ne soit rattachée à la Pologne après 1918. Il aimait dessiner et a laissé une oeuvre graphique de première importance. Le goût de la littérature lui vint en écrivant des lettres à un ami où il racontait la vie de son bourg et de ses proches. Les boutiques de cannelle et Le sanatorium (Denoël) sont le produit transfiguré de cette correspondance.
Fragile, tourmenté, Schulz a été une victime malheureusement exemplaire de la barbarie nazie. Il a été tué d’une balle dans la tête en novembre 1942 par un officier nazi lors de la chasse aux juifs menée par l’occupant allemand. Dans ses nouvelles, on retrouve la présence écrasante d’un père tout puissant, l’exacerbation d’un complexe de culpabilité et l’irruption scandaleuse du fantastique qui brise la banalité affligeante de l’existence provinciale. On a parlé avec justesse du “monde étranger et ténébreux” de ce Polonais secret et singulier.
Antoine Spire
en apprendre davantage sur Bruno Schulz