Petit Tekerlemé ou menterie turque…
Ruben :- T’es chiche ?
Muriel: - Chiche de quoi ?
- T’es chiche ou pas de dire encore une fois »il était une fois Die… »
- Chiche ? oui, qui l’eût cru qu’il était une fois, pas ! Tatrac !
Ce fut donc hier à Die…
que nous sommes arrivés lundi,
d’est en ouest, de Berlin à Paris,
Bakaloul bakaloul
c’était dimanche au bazar de Stambul.
On courait sur les mains, nos contes en bouche.
Ces vieux amis- ronchons criaient : hé pas touche !
On vient de Die, via Berlin en passant par Paris
Bakaloum !
Ces contes là n’arrêtaient pas d’changer d’avis
de pays et de sens interdits !
Nous tous, Ruben et moi, on a bossé fort
pour coudre de l’or sur leurs habits, roulés en boule
du mur de Berlin au Bazar de Stambul.
Bakaloul bakaloul, quelle houle,
le raki bu, on était saoûls !
Sur la route de Die, on a croisé des pies, trèsVIPies
cachées dans un violon roumain,
pies clandestines de hamam et de bains
turcs ! Nous tous, Ruben et moi plus un
sur la route mouillée, on s’est caché
pour lire sur du papier mâché
tout ce qui suit, au pas :
cent pierres de patience roulaient
escortées par deux beaux corbeaux blancs
bec aloum bec aloum.
Sans appétit ni désir
de lentilles aux loukoums
d’assez riches derviches,
de bien pâles padichahs
et de très vils vizirs
sur des Yachts à Stambul baillaient en parlant allemand.
Sur un chameau ailé, allait un âne ânnonant :
“ Bakaloum, j’ verrai ou pas Stambul à Berlin ou Paris à Stambul ?
Un renard trainaît ses yaourts à la patte
D’ la Capadoce à Die en sautant les Carpathes.
Des chevaux AKAL- Teké s’endormaient au galop :
Berlin, Paris, Stambul, Die : halte, repos !
Des mouches masquées, sans bruit, défilaient
criant “La Marmara aux Dardanelles ! »
Des crabes moisis à moteur enquiquinaient ces zélées demoiselles
bakavroum, vroum vroum !!
D’humeur d’éclipse sur leur échelle,
qui leur servait de sac poubelle,
les derniers mangeurs de lune,
bakabulle bakabulle
avalaient tout Stambul.
Ni vu ni connu, persona grata, qui dort dîne,
Un homme cherchait son turban
là où l’ soleil avait la forme d’un croissant ?
C’était bien sûr Nassredine !
Sur la route en brouillard,
nous tous, Ruben et moi ensommeillés
on a encore et encore reculé,
car à Die on est arrivé trop tard
le festival n’avait pas commencé !
On nous a vite récompensé jeudi,
médaillé, mercredi.
mardi, Ruben et moi enrhumés
avons cherché des mouchoirs de lin de Die ,
pour oublier pardi !
même les mouches toussent le lundi !
Ouf, dimanche,
envolées les sornettes
déposées au fond d’une bouteille de clairette
transportées par un serpent -python dévoreur de sonnettes,
de Berlin à Paris, en passant par la Drôme
mots dits, mots tus, mots coulés,
phrases fermentées, pleines d’ arôme
Allez allez c’est la fin d’ ce début,
tout a été dit, rien n’a été bu
à vos oreilles, y’a rien à voir,
à vos yeux rien à entendre de vrai dans tout ça
faut essayer de nous croire
Masallah , Inchallah !!
Muriel Bloch, introduction au spectacle Soupe aux lentilles et autres contes turcs présenté au festival.


















Hrant Dink avait une façon de parler avec le cœur, une espérance imbattable, explique Michel Marian. Il parvenait à faire comme si on était déjà dans la période de réconciliation, alors que ça n’était pas le cas. Il adoptait une position nouvelle à ce sujet, celle de dire qu’il n’y a pas de relations antagonistes entre Turcs et Arméniens. Il n’aimerait pas ça parce qu’il était laïc mais je dois dire qu’il se comportait en chrétien. Ça faisait vibrer une corde chez les arméniens, parce qu’ils avaient une lassitude des conflits. »
Véronika, d’origine hollandaise, est tombée amoureuse d’un petit coin de la Drôme, où elle cultive un jardin. C’est un jardin où poussent piments, tomates et autres merveilles, qui, en plus des cueillettes de fleurs et autres plantes, s’associent pour devenir des chutneys et autres condiments aux saveurs insolites.
Véronika nous régale de sa cuisine très imaginative depuis le début du festival : jardinière de légumes aux amandes ; salade de chou rouge aux câpres ; tartines de guacamol et de tomates vertes, rouges et jaunes ; courge farcie à la viande… Mais c’est une histoire de goûts… les mots n’ont que très peu de valeurs. Par exemple, si je vous dit que la farce était assaisonnée avec du cacao et de la réglisse…





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